Vous pouvez trouver sur le site de l’ANSFL, deux documents diffĂ©rents intitulĂ©s « Charte » : charte de l’AAD et charte Ă©thique. Ces formulations proches favorisent une certaine confusion aussi le conseil d’administration de l’ANSFL a-t-il souhaitĂ© rebaptiser la seconde.
Cet engagement vous est proposĂ© au moment de votre adhĂ©sion Ă l’ANSFL. Pour que votre nom soit visible de tous les visiteurs de notre site, en particulier les femmes cherchant les coordonnĂ©es d’une sage-femme libĂ©rale par le biais de la carte, vous devez signer ce document (lorsque vous cliquez sur « profil visible »). Si vous choisissez de ne pas le signer, vous n’apparaitrez pas sur le listing.
Lors des audiences rĂ©centes du CNOSF concernant plusieurs sages-femmes pratiquant les accouchements Ă domicile, il semble que la Charte de l’ANSFL ait Ă©tĂ© citĂ©e par l’accusation pour appuyer ses propos. Nous dĂ©plorons cette utilisation qui dĂ©naturait son sens et son objet. Il nous semble important de rappeler son contexte et son contenu. Depuis 30 ans, l’ANSFL dĂ©fend la pratique de l’AAD. L’association avait d’ailleurs Ă©tĂ© créée principalement dans ce but. Si ses missions se sont depuis beaucoup Ă©largies, parallèlement au dĂ©veloppement de l’activitĂ© libĂ©rale, des sages-femmes pratiquant les AAD ont toujours participĂ© aux conseils d’administration successifs et l’association a menĂ© de multiples actions pour dĂ©fendre, soutenir, promouvoir l’accouchement Ă domicile.
La Charte de l’AAD a Ă©tĂ© une de ces actions. RĂ©digĂ©e avec des sages-femmes ayant cette pratique et soumise ensuite au vote des adhĂ©rents, cette charte est la dĂ©monstration des compĂ©tences mise en oeuvre par les sages-femmes pour assurer la sĂ©curitĂ© des patientes et de leurs nouveau-nĂ©s. En effet, elle Ă©voque l’information Ă©clairĂ©e des parents, le travail en rĂ©seau, le respect de la physiologie, l’Ă©valuation des pratiques.*
L’ANSFL a depuis menĂ© d’autres actions. Afin de solutionner le problème de l’assurance, nous avons lancĂ©, avec le CNOSF, le CNSF, l’ONSSF et l’UNSSF, un travail de rĂ©daction de recommandations. Nous souhaitons pouvoir nous appuyer sur ces recommandations pour dialoguer avec les structures et les pouvoirs public en dĂ©montrant que les sages-femmes sont des professionnelles responsables qui rĂ©flĂ©chissent, se concertent et analysent leur pratique. Ces recommandations rejoignent ce qui a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© dans d’autres pays comme la Belgique par exemple. Le chemin Ă parcourir est encore long. Pour atteindre notre but, il faut fĂ©dĂ©rer les Ă©nergies, dĂ©montrer Ă tous nos interlocuteurs la « force sereine » que reprĂ©sentent les sages-femmes pratiquant Ă domicile. Il est capital d’Ă©changer, de dialoguer, d’Ă©liminer tout malentendu, de montrer un front uni. L’ANSFL s’y emploie et compte sur chacun d’entre vous. Au mois de mars, les deux journĂ©es de l’association, consacrĂ©es Ă la physiologie et aux maisons de naissance seront l’occasion de nous retrouver et de dĂ©battre. Nous vous y espĂ©rons nombreux !
*Cette charte ne se signe pas. Seul l’engagement Ă©thique de l’exercice libĂ©ral peut ĂŞtre signĂ©, et ceci pour permettre (obligation dĂ©ontologique) aux adhĂ©rents de figurer sur la carte des sages-femmes libĂ©rales mise en ligne sur notre site.
La charte de l’AAD :
Une naissance est un événement normal et sain. Chaque femme vit la normalité de sa grossesse et de son accouchement de façon unique. L’accouchement à domicile fait partie du système de soins primaires et les professionnels qui le pratiquent font partie d’un réseau visible et reconnu. Afin de garantir aux usagers une sécurité optimisée, l’ANSFL propose un référentiel de bonne pratique. Ce cadre minimum a pour but de donner les règles élémentaires de prudence qui doivent présider à toute naissance à domicile.
I – La dĂ©marche initiale provient du dĂ©sir du couple. Les parents souhaitant mettre au monde Ă domicile doivent en avoir fait la demande, ils peuvent expliquer leurs motivations et sont conscients de la part de responsabilitĂ© qu’ils prennent. Toute sage-femme doit avant de s’engager dans une naissance Ă domicile avoir analysĂ© l’ensemble de la situation dans ses composantes mĂ©dicales (physique et psychique), familiale et sociale. Il est essentiel que puisse s’établir une relation de confiance partagĂ©e.
II – A chaque couple qui en fait la demande, la sage-femme doit donner une information impartiale et claire sur leur choix. Elle dĂ©finit son champ de compĂ©tence et indique les limites de son exercice (code de dĂ©ontologie des sages-femmes). Ces Ă©lĂ©ments sont prĂ©cisĂ©s sur un document Ă©crit signĂ© par les parents. Ce document peut ĂŞtre la charte ANSFL de l’AAD enrichie des Ă©lĂ©ments spĂ©cifiques Ă chaque sage-femme.
III – Accompagnement global : L’accouchement et le suivi postnatal doivent ĂŞtre pratiquĂ©s par la ou les sages-femmes ayant effectuĂ© le suivi de la grossesse (ou leur remplaçante dĂ©signĂ©e).
IV – La prĂ©paration de la naissance doit tenir compte du climat relationnel et affectif qui entourent les futurs parents et envisage les aspects matĂ©riels de l’AAD. Elle vise Ă crĂ©er un climat serein et confiant sans lequel l’accouchement Ă domicile deviendrait contreindiquĂ©.
V – L’accouchement Ă domicile ne peut ĂŞtre envisagĂ© qu’après une grossesse normale (c’est-Ă -dire sans pathologie telle que hypertension, diabète, toxĂ©mie, etc) chez une femme en bonne santĂ©. Toute pathologie au cours de la grossesse doit entraĂ®ner une consultation ou un transfert vers un autre professionnel, lorsque le problème est rĂ©glĂ© la SF peut reprendre le suivi mĂ©dical de cette grossesse.
VI – Les circonstances de la naissance doivent ĂŞtre physiologiques et ne pas prĂ©senter de risque majorĂ© de complication (siège, gĂ©mellaire). L’accouchement doit avoir lieu entre 37 et 42 SA. Les moyens utilisĂ©s pour apporter de l’aide Ă chaque femme pendant son accouchement sont avant tout la mise en valeur de ses propres capacitĂ©s, ainsi que les savoir-faire liĂ©s Ă l’expĂ©rience de chaque SF. L’enfant surveillĂ© rĂ©gulièrement pendant le travail et l’expulsion ne montre pas de signes de souffrance. L’indication d’ocytociques au cours de la dilatation et avant que l’enfant ne soit engagĂ©, ou de morphiniques pendant le travail impose le transfert, en raison des effets secondaires qu’ils peuvent provoquer.
VII – La sage-femme peut ĂŞtre amenĂ©e Ă transfĂ©rer la femme vers une maternitĂ© pendant le travail, l’accouchement ou pendant les suites de couche, Ă chaque fois que la situation n’est plus de sa compĂ©tence (dĂ©finie et listĂ©e dans le code de dĂ©ontologie), lorsque l’accouchement requiert une technique telle que la pose d’une analgĂ©sie, la stimulation des contractions, l’utilisation d’un forceps, ventouse etc, ou si le couple en fait la demande en cours d’accouchement. Pour le confort de la femme, et une continuitĂ© correcte des soins, le transfert doit toujours ĂŞtre prĂ©parĂ© :
VIII – Les soins que nous prodiguons Ă la mère et au nouveau-nĂ© s’appuient sur des preuves scientifiques.
IX – La sage-femme s’engage Ă participer Ă l’évaluation de sa pratique par l’utilisation des dossiers ANSFL-AUDIPOG. Ce dossier comprend la surveillance de la grossesse ainsi que celle du travail Ă l’aide d’un partogramme, et contient le rĂ©sumĂ© du suivi des suites de couches. Cette Ă©valuation permet une analyse des situations qui ont posĂ© problème, pour une Ă©volution et une remise en question permanente des pratiques.
La Chambre Nationale des Professions LibĂ©rales salue la dĂ©marche de l’ANSFL ou la dĂ©ontologie, le professionnalisme et la proximitĂ© sont au cĹ“ur des prĂ©occupations.
Source : www.ansfl.org