La Chambre Nationale des Professions LibĂ©rales tient Ă faire trois observations sur la prĂ©sentation de la feuille de route proposĂ©e par Monsieur Arnaud MONTEBOURG, Ministre de l’Economie, du redressement productif et du numĂ©rique.
Concernant la méthode.
Alors qu’il existe une Commission Nationale des Professions LibĂ©rales placĂ©e sous l’autoritĂ© du ministre de l’Economie et chargĂ©e d’examiner  » toutes les questions intĂ©ressant les professions et les activitĂ©s libĂ©rales  » (que Monsieur Arnaud MONTEBOURG s’est abstenu de rĂ©unir depuis qu’il est ministre) les accusations lancĂ©es, sans concertation, relèvent de l’improvisation.
Sans dialogue, sans concertation, s’appuyant sur un  » rapport confidentiel  » non communiquĂ©, les affirmations du ministre constituent une agression injustifiĂ©e et inutile.
La mĂ©thode est plus que contestable. Elle ne correspond pas Ă l’esprit de  » compromis positif  » qui a Ă©tĂ© lancĂ© par Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique dans son discours d’ouverture de la confĂ©rence sociale, il y a Ă peine 3 jours.
Le diagnostic
D’autre part, le diagnostic posĂ© d’une  » restitution de 6 milliards d’euros de pouvoir d’achat  » repose sur un rapport confidentiel dont personne n’a aujourd’hui le dĂ©tail ni les modes de calcul. Le chiffrage n’a, Ă ce jour, aucune cohĂ©rence, faute d’avoir Ă©tĂ© corrĂ©lĂ© par des donnĂ©es fiables, connues, publiques et contradictoires.
La politique du bouc émissaire
Les professions règlementées, sont exercées sous le triple contrôle :
Jeter en pâture Ă l’opinion de prĂ©tendus abus constitue une politique du  » bouc Ă©missaire  » qui n’a jamais, dans aucun rĂ©gime, fait progresser le dialogue constructif ou la rĂ©forme.
Il est au demeurant contradictoire d’affirmer que la politique de Bruxelles est la mère de tous nos maux, et dans le mĂŞme temps, de s’aligner sur cette mĂŞme politique pour prĂ´ner une dĂ©règlementation dont les consommateurs seraient les premières victimes.
La Chambre Nationale des Professions Libérales est soucieuse avant toute chose, des intérêts des usagers de la médecine, du droit, des techniques, et des services du cadre de vie.
Sa politique a toujours Ă©tĂ© d’aider Ă la mise en Ĺ“uvre, dans l’intĂ©rĂŞt des usagers, de garanties de compĂ©tence, de dĂ©licatesse, et de dĂ©ontologie de la part des praticiens.
Les Professions LibĂ©rales règlementĂ©es assurent, sous l’autoritĂ© des pouvoirs publics, la validation, en permanence des compĂ©tences. Elles assurent aussi une mission de proximitĂ©, de permanence du service, et d’animation des territoires. Quelles garanties pour le public, offriraient demain des professionnels dont les compĂ©tences et les modes d’exercice et les tarifs ne seraient validĂ©s, ni contrĂ´lĂ©s par personne ?
Le gouvernement, par la voix de son ministre de l’Economie, vient de lancer un bien mauvais signal pour la rĂ©alisation de rĂ©formes auxquelles la Chambre Nationale des Professions LibĂ©rales entend ĂŞtre associĂ©e et dont notre pays a tant besoin. Elle fera, Ă cet effet, toutes propositions utiles au Gouvernement.
Chambre Nationale des Professions LibĂ©rales – CNPL